Chicago A.K.A Chiraq

binabi

La ville  de Chicago. 2003. Crédit photo : Schalliol David

 

Kanye West dit dans sa chanson “Jesus Walks”: “Je marche dans la vallée du Chi où demeure la mort”. Les rappeurs originaires évoquent souvent la ville de chicago pour sa violence et ses inégalités sociales dont ils ont réussi à se libérer. Mais, tous n’ont pas eu la chance de s’en échapper. Cette ville présente énormément d’opportunités pour les habitants du nord de la ville tandis que pour les 90% d’afro-américains habitant dans le sud, Chicago est une cage qui cherche la mort de ses jeunes habitants.  

 

Chicago, Illinois, aussi appelée “Chiraq”, par les jeunes afro-américains de la ville, est la 3e  ville la plus peuplée des États-Unis. Avec plus de 2,7 millions d’habitants dont environ 100.000 sont affiliés à un gang, elle est la ville avec la plus grande population de gangsters du pays.

 

Pourquoi « Chiraq » ?

 

Chicago a plusieurs surnoms tels que “Chi-town” ou “Windy-city” mais l’un des plus connus est  “Chiraq”, un mot-valise entre Chicago et Irak. Il lui a été attribué à cause de l’état de certains de ses quartiers, notamment  le “South-Side ” dont le degré de violence, est comparable, d’après certains, à la situation en Irak. Cette tension n’est pas seulement due à la présence de gangs et de cartels dans la ville, mais également de son département de police qui a été impliqué dans la mort de plusieurs jeunes afro-américains tels que Laquan McDonald, qui s’est fait tirer 16 fois dessus par un policier.

 

En 2016, 762 personnes ont été victimes de meurtre dans la ville de Chicago et 650 personnes en 2017. Un enfant par semaine figure dans ces statistiques.

La majorité de la violence a lieu dans le sud de la ville où il y a une plus grande  concentration de la population afro-américaine qui représente plus de ses 90% des habitants.

 

La source du problème

 

Ces statistiques montrent qu’il y a clairement un déséquilibre au niveau du taux de criminalité entre le Nord et le Sud de la ville. Le problème se trouve au “South Side” qui regorge  de quartiers ghettos. Il faut souligner le fait que le terme ghetto dans son origine n’avait pas une connotation négative. On peut le définir comme étant tout simplement un quartier qui regroupe une forte concentration d’une certaine  minorité dans une ville.

 

Le South-side de Chicago est  bel et bien né de ce genre de pression sociale. En effet,  à cause des pratiques ségrégatives, le “Black Belt” donc la “ceinture noire”, qui par la suite a été rebaptisé “South-side” était l’un des seuls lieux  où les Afro-américains de la ville avaient la possibilité d’investir dans l’immobilier. Ce n’est qu’en 1948, que la Cour suprême des États-Unis a rendu cette pratique anticonstitutionnelle. Mais, il était déjà trop tard car 70 ans après nous, on en observe encore les conséquences.

 

L’une des plus grandes conséquences a été l’émergence des cartels de la drogue qui se servent des jeunes de la ville pour déplacer leurs marchandises à travers tout le pays.

Même après l’abolition de la ségrégation immobilière, les personnes vivaient dans une certaine précarité car le racisme était présent. Ainsi, le salaire que les cartels mexicains octroyaient à leurs agents était plus élevé que ce qu’ils obtenaient dans la ville. Le développement de ces gangs de trafiquants de drogue a amené les guerres territoriales dans les quartiers du “South-Side” qui ont encore lieu aujourd’hui.

 

L’inégalité du taux de criminalité dans la population de la ville de Chicago est représentative des inégalités sociales présentes dans celle-ci. En ce qui concerne le marché de l’emploi, nous observons que 7% de la population de la communauté américaine blanche est au chômage, 19% pour les personnes d’origine latine et 41% pour la population afro-américaine. Ce taux de chômage élevé chez les Afro-américains est évidemment lié à l’expansion du trafic de drogue.

 

Ainsi, les habitants du South-side de Chicago ont été victimes de racisme, ce qui a entrainé la création d’un ghetto enfermant ses habitants dans la pauvreté. Forçant ces derniers à trouver un moyen de s’en sortir quitte à tremper dans des trafics de drogue. Une pratique qui pousse à rester dans le South-Side et qui enferme également les futures générations dans le même cercle vicieux de crime et de violence.

 

Anas Tahir

 

Sources :

 

 

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