Ces Afro-descendantes qui ont marqué l’Histoire à travers le monde

« L’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ». Ces mots, prononcés par Nicolas Sarkozy, ont marqué bon nombre de gens. La liste des hommes qui marquent l’Histoire du continent africain et des territoires d’outre-mer est longue. Qu’en est-il des femmes alors ? Si je vous demande de réfléchir à des femmes afro-descendantes qui ont marqué l’Histoire, combien de temps vous faudrait-il pour en trouver ? La question peut être difficile à résoudre pour beaucoup d’entre nous. La visibilité des femmes dans l’Histoire est largement inférieure à celle des hommes, et ce, dans le monde entier. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’elles n’ont rien fait, bien au contraire. Pour aider à compenser cela, voici une courte liste de 6 femmes politiques afro-descendantes contemporaines. Nous ferons un mini tour du monde à la découverte de ces femmes qui ont, d’une manière ou d’une autre, marqué l’Histoire. Alors, c’est parti !

25.12 Afrodescendantes de l'Histoire

Commençons cette tournée mondiale. Direction le continent africain !

Winnie MADIKIZELA-MANDELA

Et pour commencer ce tour du monde, nous nous rendons en Afrique du Sud. Cette célèbre femme politique sud-africaine n’a pas été que l’ex-femme de Nelson Mandela. Née en 1936, Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela a été une figure politique importante dans son pays. Elle a lutté contre l’apartheid avec l’ANC (African National Congress) jusqu’à la fin de cette politique ségrégationniste. Son engagement politique en fera une cible des gouvernements sud-africains qui se sont succédés jusqu’en 1991. Mais cela ne l’aura pas empêché de continuer à défendre les droits de la communauté noire. Un combat qu’elle continuera de mener jusqu’à sa mort en avril 2018.

 

Meriem BELMIHOUB

Continuons beaucoup plus au nord. Meriem Belmihoub est l’un des visages féminins de la lutte pour l’indépendance algérienne. Durant ses études, elle rejoint le FLN (Front de Libération Nationale) et l’ALN (Armée de Libération Nationale) en tant qu’infirmière dans la résistance qu’ils mènent. En 1957, elle est arrêtée et emprisonnée. Puis en 1962, elle sera libérée grâce aux Accords d’Évian signés par les représentants du gouvernement français et du gouvernement provisoire algérien. Après l’indépendance, durant les élections constituantes, elle est élue députée. Fait rare pour une femme puisque sur les 196 députés élus, 10 sont des femmes. Elle sera par la suite ministre-conseillère, puis sénatrice dans les années 90. Mais entre-temps, en 1964, elle quitte la politique pour devenir avocate où son action se concentrera principalement sur les violences policières. Depuis 2003, elle est experte à la commission sur la discrimination à l’égard des femmes de l’ONU.

 

Rendons-nous maintenant vers les États-Unis.

Marsha P. JOHNSON

Femme noire et transgenre, drag queen, travailleuse du sexe, séropositive, Marsha P. Johnson s’est souvent retrouvée à la rue. Du fait de son identité, affronter toutes sortes de discriminations. Elle est principalement connue pour avoir été l’icône des émeutes de Stonewall de 1969, aux côtés de Sylvia Rivera. Ces protestations revendiquaient la libéralisation et la reconnaissance des droits civiques pour la communauté LGBTQ+. Elle a également joint ses forces à d’autres mouvements tels que les Black Panthers et Act Up, pour ne citer qu’eux. Un monument lui sera érigé en 2021, non loin du Stonewall Inn à New-York. Son décès en 1992 aura soulevé beaucoup de questions, restées jusqu’à aujourd’hui, sans réponses. En effet, son corps a été retrouvé dans l’Hudson River. La police a conclu à un suicide, alors qu’un témoin affirme avoir entendu un homme se vanter de l’assassinat de la militante. Le dossier a été réouvert en 2012 mais est toujours non résolu à ce jour.

 

Angela DAVIS

Vous n’avez jamais entendu parler de cette activiste afro-américaine ? Angela Yvonne Davis naît en 1944, dans le sud ségrégationniste des Etats-Unis. En parallèle de son tutorat à l’Université de Californie, elle est militante au sein des Black Panthers et d’organisations communistes. Ce sont ses positions politiques controversées pour l’époque qui pousseront les autorités fédérales à la surveiller de près. En 1970, elle sera accusée d’être impliquée dans une prise d’otages meurtrière. Elle partira en cavale mais finira par être rattrapée et condamnée à la peine de mort. De nombreuses personnalités s’y opposeront comme Yoko Ono, John Lennon et Jean-Paul Sartre. Grâce à la pression nationale et internationale, elle finira par être acquittée en 1972. Aujourd’hui âgée de 75 ans, Angela est toujours engagée politiquement et a retrouvé son poste de professeure à l’Université de Californie.

 

Et terminons par l’Amérique latine.

Zulia MENA

Et si on commençait à un peu plus s’intéresser aux militants afro-descendants d’Amérique latine ? Zulia María Mena García est née à Quibdó, dans le Chocó qui est une région majoritairement noire de Colombie. En 1993, elle est commissaire spéciale pour le Chocó dans le développement de la « Loi 70 », plus connue comme « Ley de Negritudes ». Cette loi a permis la reconnaissance des droits de propriété pour la communauté afro-descendante colombienne ainsi que la création de deux sièges à la Chambre pour celles-ci. Bien des années après, Zulia a critiqué l’application de cette loi. Selon elle, il n’y aurait qu’un intérêt théorique de la part de l’État mais rien de concret dans les faits. En 1994, elle a été la première afro-descendante élue au Congrès. Elle a ensuite, dès 2011, été maire de Quibdó puis vice-ministre de la culture. Depuis février 2019, elle est emprisonnée à la prison de Anayancy en attente de son procès pour fraude fiscale.

 

Marielle FRANCO

Por último mas não menos importante, la militante afro-brésilienne au destin tragique : Marielle Francisco da Silva. Elle est née dans les favelas du nord de Rio de Janeiro en 1979. Son militantisme naît à la suite du décès de son amie, causé par une balle perdue dans un affrontement entre trafiquants et policiers. De là, elle ne cessera de défendre les causes féminine, noire, LGBTQ+ ainsi que de dénoncer les violences policières. Ses prises de position ne cesseront de provoquer la colère des forces de l’ordre et de miliciens. Pourtant, elle sera élue conseillère municipale en 2016. En moins de 2 ans, elle ne portera pas moins de 16 projets de lois touchant aux causes qu’elle défend. Le 14 mars 2018, elle est tuée par balle en rentrant d’un débat public. Deux individus ont été arrêtés depuis mais l’affaire reste toujours non résolue.

 

Pour finir…

C’est ici que s’achève ce mini tour du monde. Que peut-on en conclure finalement ? Tout simplement que, oui, la femme africaine (et afro-descendante) aussi est entrée dans l’Histoire. Bien d’autres femmes ont, malgré le préjudice que leur porte le peu de visibilité dont elles sont victimes, marqué l’Histoire à travers le temps. Mais cela ne les a en rien empêché de défendre leurs causes. Alors n’ayons pas peur d’élever nos voix face à ce que nous trouvons injustes. D’autres avant nous ont tracé le chemin. Comme le répétait Marielle Franco : « Ils pensaient nous avoir enterrés mais nous étions des graines ».

 

Dolinda Nkanu-Ndombele

 

Crédit images (de gauche à droite par ligne) :

 

Sources :

 

 

 

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