Madame C.J. Walker : la “self-made” millionnaire

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L’histoire réelle de Madame C.J. Walker est mise à l’honneur cette année grâce à la nouvelle série Netflix « Self-Made ». Peu de gens le savait jusqu’à présent, mais elle fut la première femme américaine à devenir millionnaire. Cet accomplissement remarquable est dû à plusieurs raisons qui seront développées dans cet article à travers une courte biographie. Son histoire inspirante véhicule un message qui pousse à chacun à affirmer son identité et à ne laisser ni nos origines, ni nos circonstances, ni l’opinion publique ou même celle des personnes qui nous sont chères, nous décourager à poursuivre nos rêves.

« Je suis une femme originaire des champs de cotons du Sud. De là, j’ai été promue à la lessive. De là, j’ai été promue comme cuisinière. Et de là, je me suis promue dans le secteur de la fabrication de produits capillaires et de préparations (…). J’ai construit ma propre usine, sur mon propre terrain. »  – Madame C.J. Walker

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Portrait de C.J. Walker

 

L’humble début de C.J. Walker 

Elle est née sous le nom de Sarah Breedlove le 23 décembre 1867 à Delta dans l’état de Louisiane aux États-Unis et est décédée le 25 mai 1919, à l’âge de 51 ans à New-York. Elle a vu le jour dans la même plantation de coton où ses deux parents, Owen et Minerva Anderson Breedlove, ont été esclaves jusqu’à la fin de leurs vies. Elle est devenue orpheline à l’âge de 7 ans, s’est mariée à Moses McWilliams à son 14ème anniversaire et a donné naissance à sa fille unique, Lelia, à l’âge de 18 ans. Après le décès de son premier époux en 1887, elle décide de rejoindre ses quatre frères à Saint Louis. Avec un médiocre salaire 1,50$ par jour, elle a su économiser assez d’argent pour permettre à sa fille d’aller à l’école publique.

 

Un mal pour un bien

Durant les années 90, Sarah commence à souffrir d’une maladie du cuir chevelu qui lui fait perdre la plupart de ses cheveux. Elle consulte ses frères qui étaient barbiers, expérimente avec plusieurs remèdes faits maison mais aussi des produits achetés en magasin, dont ceux fabriqués par Annie Malone, une entrepreneuse noire. Ayant retrouvée toute sa chevelure, elle déménage à Denver en tant qu’agent de vente pour madame Malone (ce qui ne coïncide pas avec la série). Là-bas, elle épouse, son 3ème mari, Charles Joseph Walker, journaliste. Envieuse d’une meilleure vie pour sa famille et inspirée par l’esprit d’entreprise de madame Malone, elle prend la décision qui aura le plus grand impact sur son destin. Sous son nouveau nom en tant que Madame C. J. Walker, elle fonde sa propre entreprise et débute la vente de son premier soin en 1906 : « Madam Walker’s Wonderful Hair Grower », une formule de conditionnement et de guérison du cuir chevelu, qui, selon elle, lui a été révélée dans un rêve.

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Boîte Madam Walker HairGrower

 

Elle se dédie alors à la vente en porte à porte pendant plusieurs années et accumule assez de succès pour franchir une autre étape qui sera décisive pour son entreprise. Après s’être installée à Indianapolis, qui était à l’époque l’épicentre de grandes industries, elle inaugure sa première usine de fabrication, un salon de coiffure et de manucure, et une école de formation où elle forme ses vendeuses, qu’elle appelle « hair culturists » (culturistes de cheveux). Elle fit grandir son empire jusqu’au cœur de New-York en 1913.

 

Le succès d’une femme noire dans le monde de l’homme blanc

« La ténacité et la persévérance, la foi en elle-même et en Dieu, des produits de qualité et des « relations commerciales honnêtes » étaient les éléments et les stratégies qu’elle prescrivait aux aspirants entrepreneurs qui demandaient le secret de son ascension de la chiffe à la richesse. « Il n’y a pas de chemin vers le succès parsemé de fleurs royales, a-t-elle déclaré un jour. Et s’il y en a, je ne l’ai pas trouvé car si j’ai accompli quelque chose dans la vie c’est parce que j’ai été disposée à travailler dur » » (« Madam Walker Essay » de A’Lelia Bundles).

En tant que femme mais aussi en tant que descendante afro-américaine, toute opportunité lui était reniée quand les femmes n’avaient pas droit au vote. Pourtant, elle savait que son projet pourrait autonomiser les femmes, elle pourrait élever les femmes autour d’elle tout en s’élevant elle-même. Elle n’aura pas été égoïste avec son succès et a veillé à lutter durant toute sa carrière pour l’indépendance économique des femmes en employant des milliers de femmes afro-américaines.

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Publicité des années 1960 Madam Walker

 

Sa formule du succès 

Sa ténacité, son ambition et son don de s’entourer des bonnes personnes. L’image que la société de l’époque se faisait d’elle, son manque d’instruction, les personnes qui ne voulaient pas la voir réussir,… Tous ces obstacles, elle les a transformés en leçons qui lui ont permis d’achever son succès et son héritage.

 

Micheline Winnie Y.

 

Crédit image :

 

Sources :

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