L’indifférence liée à la souffrance de l’autre prend-elle peu à peu sa place dans notre quotidien ?

Nous traversons actuellement une période trouble de notre histoire. En effet, la pandémie de COVID-19 occupe la majeure partie de la couverture médiatique de nos principaux canaux d’information, ainsi que de nos discussions du quotidien.

Cependant, bien des choses se sont passées durant ce laps de temps, allant de faits divers majeurs à d’autres moins imposants, que ce soit des évènements en rapport avec la question migratoire, des révoltes ou encore des soulèvements populaires liés aux politiques menées au sein de certains pays africains.

Ce qui est avant tout frappant lorsque sont évoqués ces faits d’actualité mettant en cause l’Afrique subsaharienne, c’est qu’ils sont peu abordés en Occident, au point d’en être presque banalisés. Un certain détachement se fait parfois sentir à l’égard de ces différents drames. Ainsi, la récurrence de ces épreuves dans cette partie du globe semble ne plus émouvoir autant qu’elle le devrait.  

Tout d’abord, la mort d’un jeune, en raison de l’implication malveillante d’une unité de police appelée SARS, a mis le feu aux poudres au Nigéria. Mobilisant des millions de personnes et plus particulièrement les jeunes, le slogan « End SARS » a été énormément relayé sur les réseaux sociaux mais aussi scandé dans les rues. De nombreuses vidéos, dévoilant des personnes ensanglantées, ont été partagées en masse. Des manifestations ont eu lieu dans le pays ainsi qu’à travers le monde, réclamant aux autorités locales de démanteler cette unité de police, mais aussi d’accorder plus de libertés aux citoyens ainsi que la fin de ces oppressions. En effet, « Amnesty International a rapporté, entre 2017 et 2020, environ 82 cas de tortures, de mauvais traitements ainsi que d’exécutions extrajudiciaires effectués par l’unité SARS ».

Le 11 octobre dernier, le démantèlement de cette unité a été prononcé. Néanmoins, le gouvernement du chef d’État Muhammadu Buhari a été incapable d’apaiser les tensions et la liste des morts dans les rues n’a cessé de s’alourdir, en atteste la répression sanglante ayant eu lieu ce 20 octobre 2020.

Quelques centaines de kilomètres plus loin, le Cameroun est plongé en pleine « crise anglophone », nom donné à cette guerre civile qui touche les parties anglophones du pays. Elle oppose des indépendantistes anglophones au gouvernement, créant ainsi un conflit armé impactant fortement la population. A titre d’exemple, le samedi 24 octobre dernier, une école a été attaquée. Ce désastre a causé la mort de sept enfants, provoquant une forme de psychose auprès des habitants. « Les écoles sont devenues des armes de guerre dans ce conflit » affirme Ilaria Allegrozzi, chercheuse auprès de l’ONG Human Rights Watch. En novembre 2019, l’UNICEF faisait état de 855.000 enfants non scolarisés dans les régions anglophones et rajoutait qu’environ 90% des écoles primaires publiques, soit plus de 4.100 écoles, et 77% des écoles secondaires publiques étaient ainsi fermées ou non opérationnelles. Cette situation s’explique du fait que les séparatistes assimilent les écoles au pouvoir central du pays.

Le conflit a débuté à la fin de l’année 2016. Un grand nombre de civils en ont pâti, mais peu d’actions sont menées par les hommes du président Paul Biya pour endiguer la situation.

Quant à l’Afrique Centrale, la République Démocratique du Congo subit toujours à l’heure actuelle des tueries dans la partie est de son territoire, principalement dans la province du Nord-Kivu, où des exactions et d’autres atrocités sont commises par des groupes armés, et ce depuis plusieurs années. Sans citer de sources, le chiffre de 18 millions de morts circule bien souvent dans l’opinion publique. Avec des chiffres pareils, beaucoup qualifient cette situation de génocide, les corps ne cessant de s’empiler dans la région depuis les années 90.

Mentionnons également les 251 migrants ayant péri en traversant la Mer Méditerranée pour rejoindre l’Europe, entre le 1er janvier et le 17 septembre de cette année. Ce nombre est déjà supérieur à celui de l’année 2019, où les chiffres s’arrêtaient à 210 morts selon l’Organisation Internationale pour les Migrations.

Enfin, n’oublions pas d’évoquer les tensions armées en Côte d’Ivoire liées à l’élection présidentielle de 2020.

En période de pandémie, omniprésente au sein de nos médias, il reste important de mettre en lumière ces évènements, qui demeurent peu abordés et parfois méconnus du grand public. De ce fait, une sensibilisation et un rappel par rapport à l’actualité relative à l’Afrique subsaharienne semblent fondamentaux, « l’information étant l’oxygène des temps modernes ».

Jonathan MUBIAY

Crédits Images :

Sources :

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s