Musique urbaine : pour qui et pourquoi ?

Depuis quelques jours, les débats autour du terme « musique urbaine » refont surface sur la scène musicale française. La cause : Fred Musa, animateur emblématique sur la station de radio Skyrock, qui a récemment déclaré qu’Aya Nakamura serait une artiste urbaine. Mais tout d’abord, qu’est-ce que « la musique urbaine » ? Né aux États-Unis, le terme désignait la musique afro-américaine quand celle-ci commençait à passer sur les stations radio. Et on se réfère à la description que la cérémonie des « Victoires de la musique » en a faite au cours des 20 dernières années, ce serait à la fois du reggae, du rap, du hip-hop et du r’n’b. Mais pourquoi ce regroupement de genres aussi variés que populaires ? Cela amène à se demander si ce ne serait tout simplement pas un genre « fourre-tout ». Mais le genre de musique n’est pas l’unique critère de classification.

On devrait donc se pencher sur l’origine ethnique des artistes pour définir leur genre. Car quel est le point commun entre bon nombre de ses artistes, hormis leur origine ethnique ? Pourquoi des artistes comme Wejdene ou Aya Nakamura ne pourraient-elles tout simplement pas figurer dans la catégorie « pop » ? Ce genre de questions a poussé de nombreuses récompenses musicales à revoir leur classification. Les Victoires de la musique, par exemple, ont décidé de retirer ce genre racialement connoté et de ne laisser que des récompenses « globales » (artiste masculin/féminin de l’année, album de l’année…).

Et maintenant, peut-on espérer que les artistes racisé.e.s seront enfin récompensé.e.s à leur juste valeur ? Rien n’est moins sûr… La critique qui avait été faite pour les récompenses cinématographiques comme les César et les Oscars est réitérée : trop blanc. Cette catégorie urbaine n’était-elle pas là pour pâlir au manque de diversité de ces cérémonies de récompenses musicales ? Pas forcément puisque même là, ce sont des artistes comme Akhenaton, Orelsan, Jul et Lomepal qui remportent les récompenses de « meilleurs albums urbains » aux Victoires de la Musique.

Alors, finalement, quelle est la solution ? Elle se trouve peut-être dans cette citation de Tyler, the Creator : « Ça craint qu’à chaque fois que nous – et je veux dire les gens qui me ressemblent – faisons quelque chose qui ne s’applique pas à un genre spécifique, ils le mettent dans une catégorie « rap » ou « urbain » ? Je n’aime pas le mot « urbain ». Pour moi, c’est juste une manière politiquement correcte de dire le n-word. Pourquoi ne pouvons-nous pas être dans la « pop » ?

Dolinda Nkanu-Ndombele

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