L’AFRIQUE : LE JOUET DE LA FIFA ?

Mardi 16 novembre, après une phase de groupe longue et une ultime victoire face à la Côte d’Ivoire, le Cameroun va enfin faire son retour en Coupe du Monde. C’est ce qui se serait passé si l’Afrique était mieux prise en considération par les instances du football. En effet, le Cameroun et les vainqueurs de chaque groupe devront encore passer par un tour de barrages, un affrontement aller-retour pour finalement avoir 5 qualifiés. Ce qui représente 8.9% des pays du continent, ce qui est dérisoire surtout quand on le compare aux deux autres gros continents du football — 23% des pays européens et 45% des pays sud-américains y participent. Le but ici n’est pas de réfuter la supériorité européenne et sud-américaine dans le jeu mais plutôt de montrer l’injustice que subissent les sélections africaines.

Un continent en manque de résultats ?

Depuis la première édition de la Coupe du Monde (1930), 8 sélections ont été sacrées championnes. Parmi lesquels on retrouve 3 sélections sud-américaines (Brésil, Argentine et Uruguay) et 5 sélection européennes (Allemagne, France, Italie, Espagne, Angleterre) — soit aucune sélection africaine. Pire encore, aucune n’a atteint les phases de demi-finale dans l’histoire. Cependant, ces résultats sont-ils révélateurs du niveau africain ?

Dans un sens oui, mais il ne faut pas en oublier ce qui pourrait être le plus grand problème auquel doit faire face le continent : la fuite des talents. Comparée au continent sud-américain, l’Afrique souffre de la comparaison avec l’Europe de la part des binationaux. La plupart des gros talents quitte le continent pour jouer dans des sélections européennes —comme la France, l’Angleterre ou encore la Belgique. Cette fuite des talents provoque une réelle chute du niveau des équipes africaines. Equipes, qui en plus de cela, n’ont pas un réservoir suffisant de joueurs pour pouvoir se renouveler et ne peuvent qu’espérer avoir une génération future de joueurs à la hauteur pour pouvoir s’améliorer.

Une autre source de cet échec vient aussi de l’inexpérience des sélections du continent. Voici un tableau retraçant les sélections qualifiées lors de la dernière décennie.

20182014201020062002
EgypteCamerounCamerounAngolaCameroun
MarocAlgérieAlgérieTogoSénégal
NigériaNigériaNigériaTunisieNigeria
TunisieGhanaGhanaGhanaTunisie
SénégalCote d’ivoireCote d’ivoireCote d’ivoireAfrique du sud
  Afrique du sud
(pays organisateur)
  

Une chose saute aux yeux : aucune sélection n’a participé aux 5 éditions et seul le Nigéria a 4 participations. Alors que le Brésil et l’Argentine ont participé à toutes les éditions et l’Uruguay, quant à elle, a 4 participations au compteur. Pire encore, les Etats-Unis et le Costa-Rica ont participé à 4 éditions alors qu’ils n’ont pas fait de résultats probants. Ce qui montre bien la facilité des qualifications des continents Nord et Sud-Américain. En Afrique c’est compliqué de se qualifier de part la présence de barrages — qui de ce fait complexifie l’accumulation d’expérience — et de créer un groupe pour pouvoir faire un résultat durant la compétition. La seule équipe à avoir pu le faire est le Ghana en 2010, sorti aux tirs au but en quart de final après avoir perdu en huitième l’édition précédente.

La coupe du monde 2026 résoudra-t-elle ce problème ?

La Coupe du monde 2026 va subir beaucoup de modifications, notamment le passage de 32 à 48 équipes.

Ce changement va permettre à plus d’équipes d’accéder à la compétition mais est-ce vraiment la bonne chose à faire ? Difficile à dire mais ce changement va réduire le niveau de jeu de part l’écart qu’il y’aura entre les différentes sélections. Les meilleures équipes vont affronter des sélections beaucoup moins fortes, ce qui ne va pas améliorer les résultats des équipes africaines. L’augmentation du nombre de places ne fera que reporter le problème et non le régler.

Une solution à ce problème serait de rassembler les éliminatoires Nord et Sud-Américains et en réduisant les places qualificatives de 8 à 6, ce qui pourrait libérer deux places pour l’Afrique. On pourrait aussi réduire les places qualificatives européennes en les passant de 13 à 10 ou 11. Solutions qui semblent évidentes pour tout le monde sauf pour la FIFA qui s’intéresse plus ses profits qu’à régler ce genre de problème.

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