MERCI !

Cher toi,

Au début, j’avais pour idée d’écrire un autre article. Mais après mûres réflexions, je me suis dit que ce serait primordial que je t’adresse une sorte de lettre, si je puis le dire ainsi.

Quand je suis arrivée à l’université, je ne connaissais personne, j’étais comme une plante verte. Je n’avais pourtant pas peur, je ne craignais nullement l’avenir. Auparavant, j’avais appris à mieux me connaître et ainsi, ma couleur de peau est devenue mon combat, et mon origine la force qui me pousse à me réveiller chaque jour et à prier que le mal cesse dans ce monde.

Ce faisant, je commençais à ressentir cette envie de me rattacher à mes proches. Au début, ce rattachement se portait sur la peau, ensuite sur l’origine, et pour finir, le rattachement se portait sur une communauté. Autour de moi, je constatais la multitude de communautés qui se formaient et se liaient. Je parle des communautés chinoise, indienne, pakistanaise, portugaise, libanaise, italienne, … J’avais donc cette colère qui montait en moi et je me posais sans arrêt cette question : « Pourquoi n’ai-je pas une communauté propre où je pourrai me sentir tout autant à l’aise ? »

Le train a démarré et c’est ainsi que j’ai cherché une sorte de communautarisme. Cependant, chez mes proches, le communautarisme était mal vu. Par exemple, on critiquait souvent la communauté congolaise car on la trouvait négligée.

« Ah ba Congolais ! Baza sérieux té ! »

Cela dit, ce préjugé ne m’a pas empêché d’avoir de l’espoir sur cette thématique. Dès mon premier jour à l’université, je me questionnais sur l’existence d’un groupe de personnes noires voire même d’un groupe congolais. Par après, une amie est venue me dire que tu existais et qu’enfin ce serait possible que je réalise mes projets. J’étais tellement heureuse. Si tu savais à quel point j’étais heureuse.

Tout a commencé avec des rassemblements, suivis de discussions avec d’anciens membres. J’ai fait la rencontre des RH des différents départements – très sympathiques d’ailleurs – et des membres. Je voyais qu’ils étaient sérieux et qu’il y avait cette envie de rassemblement entre les personnes noires et africaines.

Quand je suis rentrée chez toi, j’ai compris une chose primordiale – dont je ne doutais pas l’importance auparavant; le réseau. La vie est faite de réseaux. Si une amie connaît une amie, cette amie connaît une autre amie et cette dernière connaît aussi une autre amie. C’est le téléphone arabe qui ne prend jamais fin.

Mais voilà, j’avais enfin trouvé ce que je souhaitais : me rassembler auprès de mes pairs. Très souvent, quand on exploite la thématique du communautarisme, on la méprise en infligeant aux membres de n’importe quelle communauté qu’ils ne sont pas intégrés dans la société voire même racistes et utopistes. Mais autour de moi, j’apercevais que chaque être humain se rassemblait en communauté. Que même dans la savane, quand le lion se sent en danger, il se rapproche de ses pairs pour attaquer les ennemis. Dès lors, pourquoi chez nous le communautarisme est une problématique ? Quoi ? C’est impossible voire inacceptable de voir un groupe de personnes noires ensemble, danser, chanter, s’amuser, mais aussi parler de littérature, organiser des projets phares et formuler des solutions sur un problème qui les concerne ?

En rentrant chez toi, j’ai découvert que l’univers ne se résumait pas foncièrement à l’universalisme. On peut parfaitement avoir des copines ou copains blancs, métis, arabes, chinois, indiens, russes, et être membre d’un cercle ou groupe avec des personnes qui ont la même origine et la même couleur que nous.

En t’écrivant cette lettre un peu spéciale, je souhaite simplement te bénir et te dire que non seulement tu aides des jeunes à se retrouver et à former encore plus leur identité, mais aussi à apprendre le monde des réseaux. J’ai découvert – et honte l’écrivais-je – qu’on pouvait avoir des membres noirs et/ou africains, dans des postes comme banquiers ou avocats fiscalistes.

Je terminerai cette lettre en te souhaitant que ton projet se concrétise et que tu puisses t’étendre à toute la Belgique. Affiche cette grandeur afin que nous prenions enfin l’arme et que nous nous défendions face à l’ennemi, sans crainte d’être seul.e. Car derrière nous, il y aura toujours nos pairs. Cette grande communauté, dans laquelle toute personne noire et africaine se sentira à l’aise et en sécurité, est en marche et elle continuera.

C’est ainsi que je termine en t’adressant ces deux mots: 

Merci BINABI.

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